Un garçon de 12 ans, Paulo Durocher, découvre une nouvelle fille à son école plutôt normale en apparence, mais visiblement différente des autres. En voici la première partie de l'histoire:
Je mis mon sac sur mon dos et entrai dans la classe. Aussitôt, je sentais une brise froide, glaçant mes os et hérissant ma nuque. Rien de très enviable. Disons que moi, ce n’était pas un rêve que de ressentir un truc du genre.
Je découvris enfin ce qui avait engourdi mes membres de manière drastique ; quelqu’un avait ouvert la fenêtre, ce qui avait fait que l’air froid de janvier avait envahi la classe. En janvier. En janvier? En janvier!
Avec la brise de froid s’accompagnait la nouveauté. Ou plutôt, la nouvelle. Habillée d’une camisole rouge, de pantalons noirs et d’une casquette blanche, ses cheveux blonds tombant en boucles dans son dos, elle avait quasiment l’air d’une élève normale. Quasiment. Qui ouvrirait la fenêtre de la classe et se promènerait avec des vêtements d’été, en janvier, au Québec? Un élève tenta de fermer la fenêtre, mais un grognement de la fille le retint sans problèmes. Pacifique, la p'tite dame!
La cloche me ramena à moi-même, je me dépêchais donc d’aller à ma place sous le regard lourd du professeur. La nouvelle était au fin fond de la classe, à droite, et j’étais jumelé à elle pour les pupitres. J’étais habitué à avoir deux bureaux à ma disposition, et je n’étais pas très heureux que quelqu’un me prenne ce surplus d’espace. Mais les airs trop calmes et distants de la nouvelle m’attiraient énormément, tel un bijou profondément caché dans un cœur de pierre. Elle écrivait dans un gros livre, de la taille d’un dictionnaire, à la couverture en vieux cuir et cachait ses mots des regards curieux de ses cheveux. À côté d’elle, je me sentais comme un rien, mes yeux bleus et mes cheveux noirs frisés faisant habituellement craquer toutes les filles, mais me laissant là en raisin sec devant elle.
- Paulo! Réponds à la question! Grogna Mme Richard, visiblement pas très heureuse.
- Euh? Dis-je, relevant la tête en même temps que la nouvelle.
Cette dernière regarda mes airs pantois et me murmura subtilement 35.
- Eh bien ça donne 35, répondis-je d’un ton mal assuré.
- Sauf, pour une fois, grommela Mme Richard. Reste attentif.
Ouais, ouais, comme si ça me tentait, pensais-je. Les yeux verts de la nouvelle me regardaient alors qu’elle souriait subtilement. Quand Mme Richard reprit son discours mathématique, je regardais à mon tour la nouvelle
- Merci, je l’ai échappé belle, murmurais-je.
- De rien, on se sent moins coupable d’aider un inconnu qui nous fixe que de le voir se planter devant son professeur, répondit-elle du même ton. Je m’appelle Julie, toi c’est Paulo?
Je rougis en acquiesçant. Ainsi, elle avait remarqué! Il faudrait que je retravaille mes techniques si je désirais être dans la FBI.
- C’est quoi que tu écris dans ton livre, demandais-je en glissant mon regard vers l’énorme bouquin aux airs anciens.
Je touchais du bout du doigt la couverture et un choc électrique parcourut ma colonne vertébrale, serrant ma tête comme un étau.
À suivre..
Tu devrais continuer ton histoire! C'est un bon début!